lundi 26 mars 2007

Partir, Anne Catherine Delvinquière


Partir,
Sur la voie, sur la bonne voie, suivre son chemin,
Ou s’échapper à la voie tracée,
Frauder, s’évader, explorer ?
Mouvement,
Fuite sans fin ou élan de vie ?
Eblouissement,
Emerveillement ou aveuglement ?
Nature,
Encadrée, brouillée, floue,
Aperçue furtivement ou recherchée
Présence rassurante ou illusion inquiétante ?

Comme le temps qui passe, ami ou ennemi,
La vie est une errance sur le fil de ses multiples paysages, jusqu’à… la mort.

Trop bu, Francois Drapier


Trop bu……
C’est ça, oui trop bu.
PLus de repère
Plus d’équilibre
On est qui ? Libres ?
Libres de quoi et de qui d’ailleurs ?
Nausée des images
Nausée des valeurs
Images déformées sur mon téléviseur.……
C’est ça oui, trop bu.

A propos de VENISE, "REGIS DEBRAY"


A propos de VENISE……

Les horizontales, les symétries
Et les beautés d’aplomb m’ennuient,
Comme les gens qui trouvent
Au lieu de chercher.

J’aime que le temps dérange l’espace
Pour le déstabiliser,
Le zébrer d’obliques
Et de lignes de fuite.

« CONTRE VENISE »REGIS DEBRAY

samedi 24 mars 2007

Vide en mon âme...Auteur inconu

Vide en mon
âme
et
demain
quand tout
cela

finira-t-il
?

Le train Passe....Philippe Constantin


Le train passe. C’est une fenêtre. Un regard vers l’extérieur.
Un œil en soi à l’affût du paysage mobile. Car il en est ainsi ;
Le paysage se doit d’être un de ces compagnons de voyage qui change selon la saison du regard. Quand bien même l’œil de l’objectif puisse parfois l’arrêter, par jeu, un instant sur le fil de sa promenade.

Vu de l’extérieur, bien sûr, il prend comme un dérivatif le droit de s’amuser à rendre ou non au paysage sa fluidité naturelle. Son dessein est la mouvance, sa chimie dans le devenir. Ici on peut le fixer dans sa course comme si le temps lui-même n’était qu’un mot à suspendre dans une phrase. Mais là soudainement, alors que le monde extérieur avait cette solidité et cette netteté des choses claires que l’on aime car on ne peut s’y accrocher, tête et cul comme des singes sur la tangente de l’horizon, le voilà se déliter dans les zones les plus floues de notre esprit. Tout est pris de vitesse, comme pour se perdre dans la confusion. Mais je peux parler bien sûr d’une confusion organisée, de traits qui s’estompent dans un espace qui n’existe déjà plus, alors qu’on le croyait encore à venir.

Une fenêtre est donc cela. Un regard neuf et ouvert sur le monde et qui le contemple d’un point de vue qui n’est plus celui de FLAUBERT ni PIRANDELLO. Certes, il garde l’idée du cadre. D’une chambre familière et pourtant inconnue. ce serait, pour mieux dire, une mise en abîme qui nous fait reculer dans le plus lointain de l’image, qui nous happe, afin de nous faire resurgir plus en avant dans la lecture et la compréhension. Une lecture qui dit à l’endroit un monde où les reflets ne sont plus. Comme si le verre, miroir au travers duquel passer, s’estompait pour laisser s’organiser derrière les lumières vives d’un trajet, le fil d’une histoire à inventer.

Mais on surprend soudainement dans ce jeu à sentir l’odeur de la fausse moleskine des sièges, celle du verre froid de la vitre, de la fumée des mégots, du métal. On se surprend à entendre le bruit lancinant des roues, la répétition monotone des traverses sur le ballast, comme une déchirure permanente dans l’air. Il y a tous nos souvenirs de chaque voyage qui ressurgissent, alors que rien ne nous les montre.
On devine presque, dans ce tempo régulier, des images crayonnées au fusain et à la bruine.

Cà et là les signes d’une écriture nous nous rappellent à ce monde où s’écrivent nos pensées et nos sentiments, nos ordres et nos désordres. Comme si finalement, l’alphabet s’amusait à ne définir que la limite du tangible, à nous mettre sur les rails d’une raison oscillant entre chien et terre. Les mots se jouent alors à leur tour à être des fenêtres qui ouvrent sur la voie et nous emportent comme des enfants dans des rêves idiots d’un voyage sans fin. C’est peut-être pour cela qu’on ne ressent nulle impatience dans ces images. Pour cela qu’on se laisse prendre au jeu, qu’on se laisse perdre, qu’on se laisse retrouver et réinventer aussi l’enfance de nos paysages.

Le front aux vitres.....Auteur Inconu


Le front aux vitres à ne plus savoir quoifaire de ses mains.

Viaggio, Sylvia


VIAGGIO

Mondo che ti apri e mi accogli,
Non riesco a percepirti,
Vado troppo veloce.
Tempo, non ti fermi mai…
Spazio, la tua corsa e infinita…
Vorrei toccarvi e non ci riesco.
Madre terra,
che le mie lacrime siano pioggia,
Che il moi sorriso sia sole…
Non lasciare che ti passi accanto senza
Sfiorarti, aprimi alla tua spontaneita,
Svelami i segreti del tuo essere !
I miei occhi si spalancono
E tu ti laschi guardare…
Splendore e meraviglia...
ed io, io non sono che una donna...

Lignes à penser.... Leaticia Gavini


Lignes à penser
tellement tracées
Homme à repenser
Tellement blessé
Courbes à espérer
Avenir
Homme à reconstruire

Ici naît le voyage.... Cécile Jeannot


Ici naît le voyage
Qui honore l’aurore
Et accule le crépuscule aux rires effrontés.
Rester vivants
Et conquérir le silence.
Fenêtre d’où surgit le frémissement de soi,
Ecran délavé, zébré de transparences réfléchies,
Qui laisse entrevoir un flot d’anacoluthes voluptueuses,
Le temps au ciel de raccommoder les plaisirs clandestins
Auparavant déchirés par Zéphir.
Ici naît l’ivresse somnambule
Soulevant l’horizon de promesses lointaines
- Sorcières invertébrées dansant sous un rayon cristallisé-
Tandis que balayée par de fantasques désirs
S’accomplit la grâce du temps
Qui par le verbe échappe à sa prison.

Noir....Francois Drapier


Noir……
Horizontales ! Qui suis-je ?
Gris……
Petites rayures ! Pourquoi ?
Blancs……
Lignes ! Un code barbare ?
Bleu……
Fond uni ! Je t’aime………

A travers une vitre de sécurité, Patrick Kuhn


« C’est un paysage vu au travers d’une vitre de sécurité probablement d’un train en mouvement. On s’y sent bien, comme lorsqu’on rêvasse dans un wagon et que le voyage est long, on se laisse aller à rendre même sa vision floue sur les lettres qui indiquent le mot sécurité ; c’est peut être un jeu qu’a voulu traduire le photographe peut-être le même que l’enfant qui joue à rendre floue une écriture »

Huis clos, Didier Guth


Huis clos

Je me réveille. Tête collée à la vitre. Paysage. Lointain. Comme pas accessible. Un décor. Le wagon est vieux. Encore des compartiments. Deux hommes, une femme. Ils lisent, elle regarde dehors. Sourit. Bruit des boggies. Rythme. J’émerge.
Froissement des pages du journal. « Frankfurter Allgemeine »…J’avais oublié qu’on était derrière la Forêt Noire. Les sources du Danube. Sens de la mise en scène. Quand on pense à Tulcea sur le delta au bord de la mer Noire. Le paysage est mis en espace par la vitre du train. Cassure du rythme des boggies. Ma voisine me regarde. Depuis longtemps ? Regard sérieux. Dehors happe flou. On peut encore ouvrir la fenêtre dans ce wagon. Barre horizontale en travers du défilé de la campagne. Soudain l’odeur. Odeur oubliée de moleskine de tabac froid de déodorant évaporé. Vieux train . E pericoloso sporgersi. Elle regarde aussi le paysage. Ombre de la barre de la fenêtre sur son visage. Un des deux hommes dort. Le « Frankfurter » a l’air passionnant. Le ciel est blanc. Les arbres sont dessinés. Ma voisine a le visage velouté. Sifflement strident. Coup sourd. Appel d’air. Mouvement du train. Croisement. Bribes de visions. Regard perturbé par le mouvement excessif. Retour au paysage. Toujours cette impression de pas vrai. Perception précise quasi microscopique des défauts de la vitre. Traces de saletés. De pluies récentes.
Sensation de l’endormissement qui gagne. Ne pas résister. Douceur de la torpeur qui inonde. Sourire de la voisine ? Ca ne fait rien. Subtile impression de l’entre deux. Du plus ici. Du pas ailleurs. Les sons s’estompent dans la sieste mais demeurent très significatifs. Le voyage impose l’immobilité, la vacance. Le rêve. La voisine. Images. Superpositions. La voisine. Mélanges. Lancinances des répétions des boggies. Et un grincement aigu. Claquement sec. Contrôle des billets. Bond sur la moleskine. Sensation bizarre de ne pas savoir où je suis. Ma voisine étouffe un rire. Dois avoir l’air ahuri. Impression qu’elle a vu dans mon rêve. Gêne. Faut que je me lève. « Pardon » « Pardon ». Je sors.
Bout du wagon. Près du bruit des roues. Porte donnant sur la voie. Cigarette. L’odeur du tabac réveille et stimule. Inspirations à goûter. « Auriez-vous du feu s’il vous plait ? » Elle parle français. Fume des cigarettes roulées. Bonne odeur de Drum. Silence. Paysages de l’autre côté. « Vous allez jusqu’à Berlin ? » « Oui » « Moi également » « on a encore un bout de chemin » « J’aime bien le train » « Les paysages sont d’une banalité » « C’est vrai » Fin de la cigarette. Pas envie de revenir au compartiment. « Je suis photographe » « Ah, vraiment ? » « Oui ça vous étonne ? » « Non, mais je ne pensais pas à vous comme faisant un métier plutôt qu’un autre. Le train c’est un passage d’un monde à un autre. Dedans on est hors de quelque-chose. » « C’est juste ce que vous dites » « Photographe… » « Oui… je me demande…mais je sais pas si… » « Allez-y » « Vous poseriez pour moi ? » « Poser ? moi ? » « Oui, je vous observais dans le compartiment tout à l’heure, vous avez des expressions intéressantes. Vous avez un visage subtil. » « c’est flatteur, mais vraiment poser ? …j’ai jamais fait » « Justement, je cherche quelque-chose de neuf dans l’attitude, le mouvement. » « Mais poser, poser comment ? » « Je fais tout un travail sur les hommes nus » « Nu ? ça alors, mais c’est pas simple » « Non je sais, mais je sens quelque-chose chez vous qui pourrait me plaire ». Sa main sur la mienne. Ses doigts recourbés remontent sur mon poignet. Frissons jusqu’aux cheveux. « Vous êtes quelqu’un de sensible ». Sourire. S’approche. Appuie ses seins. Bouche. Lèvres. Langue. Chaleur. « Alors d’accord ? »
Pas grand chose à faire. Expérience nouvelle. Photographe aimable. Fin de rêverie. Arrêt du train. Sortie du huis clos.

Avril 2002 Didier Guth

Baiser de brume, Pierre Francois


BAISERS DE BRUME

Fondre en chemin de brume.
les marécages s’envolent dans nos rêves
au rythme de l’imaginaire,
réveillant nos regards,
espaçant nos envies,
au seul plaisir du moment présent
pour qu’un peu de fumée
nous égare un peu plus.

J’ai déjà vécu ces douces vapeurs.
la campagne nous accompagne,
nous interpelle,
avec elle le voyage est réel.
Nos pensées vagabondent,
le temps nous enlace.
S’y perdre pour un baiser de brume

"Partance" La rencontre des images et de l'écriture, Pierre Francois


Toutes ces images ont été faite dans les fenêtres de différents trains. Tirées sur papier barité, scanées et envoyées à différentes personnes de mon choix avec une invitation à l'écriture. Telle était mon projet.
Ces images ont été exposé à deux reprises:
à la BOITE à BOITIERS 58 Rue de ZURICH 67000 à STRASBOURG du 10 au 29 JUIN 2002
et à Zone d'art (invitation Didier Guth), 2 rue Rhin Napoléon 67000 Strasbourg
Ces expositions ont également permis de faire participer d'autres personnes en leur permettant de repartir avec une image à écrire sur ce thème.
Le voyage est sans fin et si vous avez envie de raccrocher au wagon, n'hésitez pas.
J'ai décidé de mettre en ligne ce projet passé car souvent quand je prends le train je pense à ces images et j'en imagine d'autres dans les fenêtres de mon imagination.

"Le hasard de ses images" Pierre Francois

LE HASARD DE CES IMAGES

Noirs et blancs
Images noires et blanches
Dans cadres sombres
Aux formes variées
Demi-lune, rondes et sonores
Pour écrire les senteurs du moment
Emmené doucement,
Brusquement
Dans l’interrogation de ces flous

Arrêter le temps
Chercher le grain avec la loupe
Faire onduler ces gris dans la chimie
Le poser sur un beau barité
Mouillé et mouillé encore la feuille
fixer, laver pour une conservation optimum
regarder l’image à la lumière du jour
Accepter les contrastes

j’aurai voulu voir apparaître des couleurs

Le hasard n’a pas de pendule
Il vous emmène dans l’image
il vous enferme ou vous donne envie de sortir de ces cadres
il taquine l’inconscient
vous donne envie de faire péter les verrous
forger votre vie en portail ouvert
Pour continuer le voyage
Étendre ses découvertes
Accepter les bifurcations
Les itinéraires
Éviter les voix sans issue
Oser les chemins de terre
Inventer des océans
Ne pas s’y perdre
Prendre le temps de s’arrêter
Comme à chaque sommet
Faire le plein d’image d’envie
Rangé toutes ces lumières
d’hier et demain

Mon voyage intérieur m’appartient
Il continue avec chaque temps, du temps qui passe

Série photographique sur les fenêtres « Du Temps Qui Passe » 2001/2002


Tout au long de ce voyage intérieur j’ai ressenti l’envie de sortir de ces CADRES.......
.........CADRES DE CIRCONSTANCE........

J’y ai arrêté le temps, accroché mes regards, enfermé mes doutes, décroché mes à priori.

Le train est reparti.

J’ai interrogé sa vitesse, joué avec ses mouvements, dessiné ses extérieurs.

Quand l’image rencontre la pensée, le hasard vient taquiner l’inconscient et le conscient prennent forme.

EN...VIE.......ENVIE.....VIE....

L’image ne suffit plus, les mots prennent forme, se mélangent, délient les interrogations........

SECURITE…..SUR LA VOIE.....VOIE.....SORTIE DONNANT......

SORTIE DONNANT…Sur la rencontre avec d’autres qui aiment voyager avec les mots et si vous aussi vous voulez participer à ce voyage…. Servez-vous, prenez une petite photo à écrire.

PIERRE FRANCOIS